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Dans l’optique de marquer sa bonne volonté de rassembler tous les clubs autour de l’idéal commun qui est le football, la Fédération Ivoirienne de Football projette d’organiser une Assemblée Générale Ordinaire en juin puis des états généraux. L’annonce a été faite par le premier vice-Président de la FIF, M. SORY DIABATE lors de sa rencontre avec les hommes de media, le mercredi 11 avril 2018 à la FIF. (Deuxième partie des points évoqués)

 

Des membres du Gouvernement sollicité pour la médiation

« Nous avons été éliminé le 11 novembre 2017 par le Maroc. Et le 21 novembre, soit 10 jours après, nous avons convoqué les clubs de Ligue 1, Ligue 2 et D3, comme nous avons l’habitude, après chaque grand évènement, pour leur expliquer les raisons de l’échec et prendre des avis des uns et des autres. Chacun s’est exprimé et on a fait des projections. On s’est dit qu’on va organiser un séminaire ou des états généraux sur les dix-sept points évoqués qui méritent d’être améliorés. Au moment où nous étions en pleine réunion, avant même la réunion, ils ont envoyé des SMS pour demander aux clubs de ne pas participer à cette réunion, et de la boycotter. Pendant cette réunion, les clubs recevaient des SMS pour convoquer une réunion le lendemain à Adjamé, à la Mairie. Comment vous pouvez comprendre que la FIFA convoque une réunion et une Fédération envoie des SMS pour dire aux autres Fédérations de ne pas venir. Es ce que la FIFA ne va pas la sanctionner ? Mais la FIF n’a rien fait. On a laissé les gens agir et laissé chacun avec sa conscience parce que cela ne servait à rien de faire des palabres. On a laissé pour permettre à chaque partie de pouvoir se décider à faire avancer le football ivoirien. Aujourd’hui, sachez que nous avons eu affaire à cinq médiations. A toutes ces cinq médiations, j’ai donné mon accord pour discuter avec la partie adverse. Mais cela ne s’est pas fait parce qu’ils ne veulent pas venir à la Fédération et demandent de trouver un autre endroit outre que la Fédération. Mais pourquoi ? Cela veut dire que vous ne reconnaissez même pas ma qualité de Président de la Fédération. Vous boycottez toutes réunions de clubs, les Assemblées Générales. Cela devient compliquer. Mais il y a des gens qui ont fait des médiations. Il y a deux des Présidents de club qui peuvent vous raconter toutes les étapes des médiations jusqu’à des membres du Gouvernement qu’ils ont sollicités pour que cette affaire soit tranchée.

Les états généraux et l’Assemblée Générale Ordinaire en juin

« Le Comité Exécutif a proposé les états généraux qui sont déjà lancés et l’Assemblée Générale Ordinaire aura lieu en juin afin que nous débattions sur toutes les questions relatives à notre football. S’il y a des différends, que nous puisons nous donner des idées si d’aventure, il y a des choses à améliorer.

 

Me Raux Yao explique les préalables

 « Quand nous sommes allés, nous avions des préalables à poser qui nous paraissaient très importants et le Président SORY DIABATE a insisté dans son intervention sur le premier préalable que nous avons posé. C’était le cadre juridique de cette rencontre. Pour nous, c’était important qu’on puisse agir dans le cadre des statuts de la FIF. On n’adhérait pas à toutes rencontres en dehors des statuts. Cela a été le premier préalable que nous avons posé à la FIFA parce que s’il s’agissait de discuter avec un groupe de clubs, on pouvait le faire à Abidjan.  Et de surcroit, un groupe de clubs qui n’atteignent pas la majorité. Pour ne pas créer de grave précédent parce que s’il y a dix clubs qui ne sont pas contents, ils vont nous convoquer à la FIFA. On va se retrouver là-bas à chaque fois.  Le deuxième préalable, c’était la récusation de M. Jacques Anouma en tant que médiateur.  Et cela a été signifié à la FIFA depuis longtemps. Pour nous, la crise est partie de lui parce que c’est à la suite de son intervention qu’il y a eu cette pétition. La FIFA a voulu nous l’imposer de façon insidieuse. A la veille de la rencontre, ils nous ont envoyé un courrier pour nous dire qu’il ferait partie de la délégation. Quand on est arrivé dans la salle, on a posé ce préalable qu’on ne veut le voir ni de près, ni de loin associé à cette crise. Ils ont dû l’écarter. Il n’a pas participé aux discussions, à la réunion de synthèse. On ne sait pas s’il a participé avec les autres. Ce qui nous concerne, nous avons été clair et nous avons insisté là-dessus. La FIFA nous a suivi et la preuve est que dans le courrier qu’elle a nous envoyé récemment, il a été précisé qu’il n’est pas intervenu en tant que médiateur mais en tant que consultant pour savoir quel était la situation du football actuel après leur départ d’Abidjan ».

 

La synthèse de la rencontre de Zurich

« Nous avons été convoqué pour une séance de synthèse. A cette séance, les deux délégations étaient présentes.  La FIF avec le Président Sidy Diallo, Me Raux Yao et moi-même et la dissidence, Me Roger Ouégnin, Armand Gohourou et l’avocat, Me Souleymane Diallo. Si quelqu’un veut protester et dire qu’on raconte n’importe quoi, voilà les trois personnes de l’autre côté qui sont susceptibles de pouvoir s’exprimer. Comme nous trois de la FIF sommes susceptibles de nous prononcer sur ce qu’ils peuvent dire de la synthèse qui a duré dix minutes. M. Veron prend la parole pour nous dire qu’il est au regret de nous sommes au regret de vous annoncer que c’est un constat d’échec et qu’il n’y a pas de point d’accord. Il n’y a pas point commun, quand les deux parties ont été écoutés. La FIFA a tenté de rapprocher les parties, mais chaque camp est resté bloquer sur ses positions. C’est dommage mais c’est comme cela et comme vous êtes des frères, nous espérons que vous allez continuer à vous parler.  Ce que la FIFA demande est de mettre en avant l’intérêt du football ivoirien, de respecter les textes de la Fédération, de la FIFA. La FIFA a promis de faire un résumé de la journée et dans un rapport qu’elle va nous transmettre par courrier, nous aurions les conclusions de cette journée. L’avocat de la partie adverse a demandé ce que les autres dit pour que la FIFA ne parvient pas à un point d’accord ?  M veron Mosengo-Omba de répliquer qu’il n’a pas à dire ce que les autres ont dit et inversement. Il a dit que c’est lui qui sait ce que les deux parties ont pu dire dans ces échanges.  Le Président Sidy Diallo a pris la parole pour remercier la FIFA pour tous les efforts qui ont été faits jusqu’ici et a pris l’engagement devant la FIFA de faire tous ses meilleurs efforts avec son Comité Exécutif afin de ramener la paix entre les frères. En arrivant à Abidjan, nous allons nous retrouver et nous allons faire tout pour que nous puissions travailler ensemble. Il les a invités à participer aux états généraux déjà lancés afin qu’autour de la table, qu’ils mettent tous les griefs pour trouver des solutions".

 

Affaire Audit de la FIF

« M Roger Ouegnin pris la parole pour demander l’audit qui devrait se faire dans les 8 semaines à venir. M. Véron Mosengo-Omba a répondu que la FIFA va adresser un courrier à toutes les parties. C’est dans ce courrier qu’il va avoir le résumé des conclusions de la rencontre. Officiellement, les trois représentants de la FIFA n’ont pris la parole pour dire qu’ils vont emmener une équipe pour de la FIFA un audit de nos comptes. Jamais, ils ne l’ont dit. Nous estimons que ce qui peut être considéré comme conclusion finale, c’est ce qui est sorti de la bouche des représentants de la FIFA. Quand maitre Roger a insisté, M. Nicolas de la FIFA a dit que la FIFA n’avait même pas à intervenir dans cette crise. Ce n’est pas à la FIFA d’intervenir dans ce genre de situation. J’avoue qu’on était tous très gêné. M. Veron Mosengo a levé la séance après nous avoir demandé de nous en tenir au courrier que la FIFA fera parvenir dans les prochains jours ».

 

Les objectifs en allant à Zurich sont atteints

« A chacun d’interpréter à sa façon. Pour ne pas trahir les informations, nous avons fait un mail à la FIFA le même soir pour répéter les même mots de M. Veron Mosengo-Omba et dire qu’au terme de la journée, il avait conclu ce qui suit : Vous êtes arrivé à un constat d’échec ; vous avez confirmé qu’il n’ y a pas de point d’accord après avoir écouté toutes les parties, vous demandez de mettre en avant l’intérêt du football ivoirien, de respecter les textes de la FIF et de la FIFA et que vous allez nous transmettre par courrier les conclusions de la rencontre dans les prochains jours. Ce mail a été transmis le 20 mars et ce mail n’a pas connu de réponse de la FIFA jusqu’à ce que nous recevions le courrier officiel. Nous estimons que les quatre objectifs que nous avons en allant à Zurich étaient atteints et cela nous satisfait pleinement. De ce fait, il n’y a pas besoin à crier victoire d’un camp sur l’autre. Il s’agit de dire simplement que nous sommes satisfaits.  Cette situation a permis à la FIFA de comprendre le rôle que jouent certains acteurs du football. La FIFA sait les actions que nous menons au quotidien »

 

Nous ne pouvons pas prendre en otage un football donc nous avons la gestion

« Ne prenez pas en otage le football ivoirien. Ce terme suscite des interrogations. Nous ne pouvons pas prendre en otage un football donc nous avons la gestion. Cela ne nous concerne pas. Nous avons été élus démocratiquement. Nous sommes à deux ans de mandat. Nous gérons le football selon la volonté de la majorité des clubs. Nous ne prenons pas le football ivoirien en otage. Cela fait six ans que nous travaillons.  Nous avons été élus sur la base d’un programme et d’un projet. Nous avons une vision pour le football ivoirien. C’est pour cela que les clubs nous ont choisi. Chacun peut faire son commentaire sur ce que nous faisons. Nous faisions l’essentiel et nous faisons ce qui est important pour le développement du football ivoirien que la majorité de nos actions aille dans le sens du développement de notre football. Il ne faut pas s’arrêter à un échec. Je peux vous dire que nous avons invité tous les clubs de Côte d’Ivoire, hier (mardi 10 avril 2018). Ceux qui ont jugé utile de venir sont venus. D’autres ont reçu des mots de boycott. Ils ne sont pas venus. Nous avons appelé tout le monde à la paix, à l’entente, au rassemblement, à mettre fin à cette situation, à oublier tout ce qui se dit et tout ce qui s’est fait, à faire en sorte,  comme la FIFA nous l’a demandé de mettre en avant l’intérêt du football ivoirien. Cela fait cinq mois que nous nous tirons dessus, nous ne nous adressons plus la parole. Quand vous allez au stade, vous êtes déçu de voir que des camps se sont formés. Ils ne se servent même plus la main. Et pourquoi ? C’est parce qu’on a été éliminé par le Maroc ? »

 

Accusation des éditorialistes

« Il y a eu de fausses informations données aux gens. Ils ont commencé par dire que ces gens-là se sont enrichis sur le football, comme le dit un éditorialiste qui affirme que 25% de l’argent de Canal rentre dans nos poches. On est allé chez Canal, le 23 mars dernier, c’est-à-dire trois jours après Zurich, on a dit aux gens de Canal qu’on est accusé de recevoir 25% de l’argent sur un compte en France pour nous. C’est ce que les gens ont fait pour amener d’autres clubs à signer des papiers. Donnez-nous le numéro de compte et ils se sont mis en rigoler ».

 

Affaire de voyage en première classe

« Ça fait plusieurs Assemblées Générales où nous expliquons la dotation transports. En 2003, le DTN de la Fédération de Tunisie me disait que le jour où vous allez vous qualifier pour la Coupe du monde, ce jour-là, vous allez savoir que les joueurs de l’équipe nationale ne voyagent plus en classe économique. Cela a été imposé à la Tunisie quand elle a été qualifiée pour sa première Coupe du monde. Dès qu’on s’est qualifier pour la Coupe du monde 2006, la première exigence des joueurs de l’équipe nationale, c’était la classe affaire. De fois, vous ne pouvez pas voyager en classe économique parce que les joueurs ont 48 heures pour se rendre dans leur club. Si tel n’est pas le cas à la prochaine convocation, le club peut refuser de libérer le joueur. Si la faute est répétée, le club peut décider de ne plus mettre le joueur à disposition. Quand vous allez jouer un match au Gabon et que trois jours après vous devez jouer à Abidjan, vous pensez que vous pouvez avoir des vols réguliers ? Les nouveaux règlements ont changé. La mise à disposition des joueurs est de neuf jours. En neuf jours, on fait deux matches. Même les matches amicaux, vous êtes obligés de les faire sur deux distances où les joueurs ne vont pas parcourir plus de cinq heures de vol. C’est-à-dire que si la Côte d’Ivoire veut jouer un match amical à Abidjan, et qu’elle veut aller jouer son deuxième match amical en Afrique du Sud, la FIFA ne valide pas parce qu’il y a plus de cinq heures de vol. Il faut prendre en compte tout cela. Vous êtes obligé d’affréter des avions.  Quand j’entends à chaque fois Salif Bictogo, Président du Stella Club, qui dit que la FIF dépense cinq milliards. Je le dis toujours, ce sont les dépenses de l’équipe nationale. Et ils disent que ce sont des dépenses du personnel de la Fédération et du Comité Exécutif. Mais, es qu’on dort dans l’avion ? Ils peuvent vérifier avec les agences de voyages. Si on voyage comme cela pour trois milliards, comme ils disent qu’ils ont un dossier en béton. Mais ce n’est pas possible. On leur a dit à l’Assemblée Générale de 2016 et de 2017 que ce n’est pas possible. On leur a montré la dotation des membres du Comité Exécutif. Cela ne représente rien. Cela ne faisait même pas plus de 20 millions. Il faut arrêter. J’ai lu un éditorial, il y a deux jours. Il dit qu’on voyage en première classe. Il y a des anciens qui font qu’on ne les respecte plus dans ce pays. Cela veut dire qu’il veut nous livrer à la vindicte populaire. Sur les réseaux sociaux, on va nous incendier. Le billet de la première classe coûte pas moins de cinq millions…Ni le Président de la FIF, ni moi, acceptions d’aller en première classe. Dans cette position où on est, c’est pour voyager en première classe. Même si on a les moyens, franchement, on ne le fera pas. A certain niveau, je pense qu’il y a des choses qui ne faut pas faire. C’est l’Etat qui paye les billets. Pensez-vous que l’Etat va accepter de payer des membres du Comité Exécutif pour les mettre en première classe alors que les Ministres voyagent en business. Comment un ainé peut-il mentir ainsi. Il ment pour détruire la Fédération. Quand ils se rendent compte que leur ami a des problèmes avec la Fédération, ils passent par tous les moyens pour le défendre. Je pense que ce n’est pas normale, quand on est dans un environnement, il faut collaborer avec tout le monde. La presse fait partie de nos partenaires. Elle doit nous accompagner en donnant la bonne information. Aidez-nous à travailler. Si nous sommes en erreur, n’hésitez pas à nous taper dessus. Mais s’il vous plait, ne véhiculer pas de fausses informations ».

 

Le contrat Canal est connu des clubs

« Comment on peut dire que les dirigeants de club ne savent même pas le montant du contrat avec Canal+. D’où il tient cette information ? Ce n’est pas possible. Hier encore en réunion, on a répété le montant aux clubs. Les clubs le savent tous. Ils étaient présents quand on faisait la clé de répartition. Ils le savent tous. Idem pour le contrat PUMA. On s’est mis d’accord sur la clé de répartition. Il y a un procès-verbal de cette réunion. Comment peut-on écrire si ce n’est pas pour révolter les clubs. Il y a aucun intérêt à cacher les montants aux clubs. Mais il y a des clauses de confidentialité dans le contrat. On ne peut pas le divulguer dans la presse. Ce n’est pas normal. C’est cette clause qui fait que les gens ont confiance en nous et continuent de travailler avec nous. Je vous demande seulement de nous aider à travailler en faisant passer le bon message. On ne peut pas passer son temps à tirer sur la Fédération comme cela. Quand on perd que vous tapez sur nous, la FIF ne bronche pas. Quand on n’a pas bien fait, c’est normal qu’on nous tape là-dessus. Je voudrais encore dire que ce qui s’est passé, on le regrette tous. C’est dommage qu’on soit arrivé à cette situation. On a montré une mauvaise image de notre football à travers le monde au point que dans les Assemblées à la FIFA, à la CAF, on ne cesse de nous demander ce qui se passe chez nous. On nous a tiré dessus. On est blessé, mais on s’est réveillé. On a tenu bon. Nous allons faire attention. C’est tout. Mais, on ouvre les bras.  On est prêt à accueillir tout le monde, comme l’a dit le Président de la FIF. On veut travailler ensemble pour le football ivoirien. C’est pour cette raison qu’on a encore envie d’avoir tout le monde à notre côté. Quand ils sont convoqués, qu’ils viennent s’exprimer aux réunions, aux Assemblées Générales. Et au-delà, ceux qui veulent dire des choses peuvent nous saisir à la Fédération. On est ouvert. On est des frères. C’est ensemble qu’on va bâtir le football ivoirien et on estime qu’aujourd’hui, on a de bonnes échéances devant nous. On a des challenges qu’on pourra gagner mais ensemble dans la paix, dans un environnement saint ».

Propos recueillis par Ives TIEMELE et Armel YAPI

 

I.T.