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Quelques jours après la fin du CHAN 2018, le sélectionneur des Eléphants locaux est revenu sur le parcours de nos pachydermes tombés au premier tour. Kamara Ibrahim parle des exigences du haut niveau qui ont rattrapé l’équipe locale de Côte d’Ivoire. Il n’écarte pas l’environnement du football africain qui a aussi progressé. Le sélectionneur ivoirien pense que l’expérience de ce CHAN sera bénéfique à tous.

 

Les Eléphants Locaux n’ont pas franchi le second tour du CHAN 2018. Dans quel état d’esprit êtes-vous en ce moment ?

Un sentiment de colère et de tristesse. Nous n’avons pas été à la hauteur de ce qui devrait être un des moments forts de notre projet. C’est-à-dire la route vers les prochains Jeux Olympiques. On a été rattrapé pas les exigences du haut niveau. On doit repartir de l’avant. Quand vient le temps de l’échec, il faut savoir en tirer les leçons avec de la maturité et de l’humilité.

Avec du recul, quel bilan peut-on dressé ?

On ne va pas se voiler la face. Le bilan n’est pas terrible. Nous sommes sortis au premier tour. L’environnement du football africain a beaucoup progressé. Il va falloir mieux appréhender la préparation des échéances internationales. Le nom seul ne suffit plus. Les pays comme la RD Congo, le Mali, le Ghana… sont restés à la maison. On a eu un effectif réduit à cause des blessures. On a dû refaire l’équipe de départ. Au niveau du jeu, la pauvreté de notre expérience internationale nous a rattrapés, notamment, sur les deux premiers matches où on n’a pas su gérer certaines circonstances de jeu. Par exemple, le manque de concentration dans les dernières minutes du match contre la Namibie. Il ne faut pas aussi oublier la qualité des adversaires. On a attendu le troisième match contre l’Ouganda pour voir les garçons se rapprocher des exigences du très haut niveau continental. Je ne trouve d’excuses à personne. Mais malheureusement, c’était tard. L’expérience de ce CHAN sera bénéfique à tous.

Il y a eu tout de même des points de satisfaction. L’équipe a-t-elle progressé ?

Il y a eu des progrès dans le jeu, sur le plan psychologique, physique, etc. Mais pas assez vite. Les joueurs ont pris la mesure de ce que peut demander, en termes d’exigences, ce type de matches ou de compétition. Cela s’est vu un peu contre la Zambie, un peu plus contre l’Ouganda ou on aurait pu gagner avec un peu plus de précision devant les buts. Il faut qu’on arrive à un chronogramme où on sera capable de mettre en place un programme de préparation sur trois à quatre ans. Cela nous évitera beaucoup de choses.

Comment entrevoyez-vous l’avenir ?

Dans le sport de haut niveau, il n’y a pas de place pour le hasard. L’avenir immédiat, ce sont les sélections U17, U20, U23 et la sélection des Dames. Il faut revenir à ce qui a marché entre 2011 et 2016 au niveau des sélections. Il faut des moyens pour le haut niveau. Cela coûte cher. Il faut remettre en place cette culture de sélection au niveau local. Elle permettra de mettre en place les fondamentaux qui amèneront nos athlètes vers les circuits de la compétition de haut niveau, notamment, avec des stages réguliers et des matches amicaux internationaux.

Entretien réalisé par Ives TIEMELE

I.T.