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Chargé de la formation des cadres à la Direction Technique national de la Fédération Ivoirienne de Football, M. Jean Claude Yobouet Kouassi, pour la première fois, parle du  niveau des entraineurs de Côte d’ivoire. S’il ne leur trouve pas de reproche, il pense qu’il faut reste quelques paliers à franchir pour le très haut niveau.

  

Vous êtes Directeur Technique National, chargé de la formation. Vous venez d’organiser la Licence A-Fédérale qui vous a permis de faire votre premier contact avec les entraineurs ivoiriens. Quels ont été les points de satisfaction ?

La Licence A-Fédérale est le diplôme requis pour entraîner en Ligue 1 en Côte d’ivoire. J'avais en face de moi 12 stagiaires qui pour la plus part officient déjà en Ligue 1. Ce fût un stage très riche, très actif et très dynamique pendant trois semaines. J'entends par formation dynamique des thèmes demandés par les stagiaires et qui ont été traités en direct. Cela a permis de voir le niveau des entraîneurs de Ligue 1 qui n'est pas mauvais. Néanmoins, il y a quelques paliers à franchir pour le très haut niveau. Il fallait donc combler cela.

 

La formation est un gros chantier au niveau de la FIF. Quelle sont les dispositions que vous prenez pour une planification dynamique afin de répondre au besoin du football en Côte d'ivoire ?

Le football est universel. A partir de là, on sait très bien qu'il faut avoir un certain nombre de connaissance pour le très haut niveau. Je viens avec quelques certitudes de France là où je vivais et des connaissances que j'ai pu avoir sur le plan de la préparation physique, sur le plan mental. Ce que je veux, c'est de partager ces connaissances avec mes frères ivoiriens dans ce domaine-là. Mais cette première formation de la Licence A-Fédérale m’a permis aussi de voir le niveau des entraîneurs. Il y a certes encore du boulot heureusement mais ils ont déjà un niveau avancé. Le travail va leur donner beaucoup plus de capacité avec la suite des stages.

 

La Côte d’Ivoire prépare activement la CAN 2021 qui aura lieu en terre ivoirienne. Pensez-vous que les chantiers à la DTN pourront contribuer à cette compétition ?

Déjà sur le plan athlétique, je crois que ça va être la première fois en Côte d'ivoire que le diplôme de préparateur physique va être instauré. Je crois que c'est une formation qui va être un tremplin pour les entraîneurs ivoiriens de s'enrichir en termes de capacité en préparation physique. La préparation physique est un point très important du football de haut niveau. Sur le plan technique et tactique par rapport aux analyses faites pour les matches de Coupe du monde, il y a beaucoup de choses qui ont évolué. Mon travail est de trouver des éléments pour essayer de densifier la qualité technico-tactique des entraîneurs de Côte d’Ivoire. Cela permettra de voir évoluer la qualité des entraîneurs au profit des clubs et que cela puisse sortir des joueurs pour les différentes sélections.

 

Vous qui connaissez plus au moins les paramètres du football européen. Que faut-il pour rapprocher le football ivoirien au football européen ?

Le football de haut niveau à plusieurs pentes  dans son organisation. Il y a le niveau technique des entraîneurs. Il y a aussi les infrastructures, les compétitions et les moyens financiers pour une bonne formation des jeunes. Ce que je veux dire, c'est que les techniciens ivoiriens peuvent être très bien formés avec un très bon niveau pour aider les jeunes. Mais pour jouer sur quel terrain ? C'est toute une organisation. Il faut mettre en place les formations mais cela ne suffit pas. Il y a d'autres éléments qui rentrent en ligne de compte pour le football de haut niveau. Notamment les moyens financiers. Je ne sais pas si en Côte d’Ivoire, on a tous les moyens pour pouvoir atteindre ce niveau-là. Mon rôle premier, c’est de donner les capacités aux entraîneurs afin de répondre au besoin des joueurs qui sont à leur disposition sur les différentes installations actuellement en Côte d'Ivoire.

 

Entretien réalisé par Ives TIEMELE

 

I.T.