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Récemment nommé Sélectionneur des Eléphants, Kamara Ibrahim a été officiellement présenté à la presse par le Président de la Fédération Ivoirienne de Football, M. Augustin Sidy Diallo, ce jeudi 5 juillet 2018. Pour réussir sa mission, le nouveau patron des Eléphants compte fédérer les énergies autour des objectifs qui lui ont été assignés.

 

Le capitainat au sein des Eléphants

« Le brassard est quelque chose d’important dans une équipe. Le choix de l’homme est aussi important que la tâche qu’on veut lui confier. Je viens d’être installé, il y a à peine quatre jours. Je ne dis pas que ce n’est pas la priorité et qu’on n’aura pas de capitaine. Mais souffrez que je rencontre mes joueurs et que je leur fasse part de la mission qui est la nôtre. Cette mission est importante. Elle est plus importante qu’un bout de tissu comme vous le dite. Je veux fédérer mes joueurs autour d’un projet, mettre la nation d’abord au centre de ce qu’on peut faire avant de ramener la mission à des personnes qui vont porter un brassard. Le capitaine est quand même la représentation d’une nation. Je peux vous garantir qu’en temps et en heure, au moment venu, je donnerai le nom du capitaine ».

 

Les rapports de Kamara Ibrahim avec la presse

« Par le passé, l’on a fait comprendre que je fuyais la presse. Je pense que je n’ai jamais eu de problème avec la presse. Je respecte les journalistes. J’ai des amis parmi vous. Le métier que vous faite est assez noble. On vous appelle même le quatrième pouvoir. Je ne peux pas me mettre en difficulté avec le quatrième pouvoir sinon ce serait difficile de faire la mission. Je voulais dire simplement qu’à chaque fois qu’on me donnera une fenêtre officielle pour échanger avec la presse, je ne pourrais pas me soustraire à mes obligations. (…) Je peux vous rassurer que je vais vous ouvrir mes séances d’entrainement, mon travail pour qu’ensemble, on se rassemble autour de l’objectif qui est non seulement le mien, mais celui de la Fédération et de tous les Ivoiriens. On sera tous contents d’aller au Cameroun (ndlr : CAN 2019). On sera tous contents en 2021 de gagner la CAN. Je ne vois pas pourquoi je mettrai un frein dans mes rapports avec les journalistes ».

 

Le cas Yaya Touré

« A la dernière sélection, j’ai convoqué Yaya Touré. J’ai de très bons rapports avec Yaya. En dehors du football, j’entretiens de bons rapports avec lui. Il faut dire que l’équipe de Côte d’Ivoire appartient à tous les Ivoiriens. On ne peut pas spécifier un cas sinon on n’en sortirait pas. Yaya Touré est un grand joueur. Tous les sélectionneurs aimeraient avoir un garçon comme lui dans leur sélection. Il faut aussi qu’on tienne compte de l’état de forme pour la compétition. C’est avec un grand plaisir que je veux recevoir un garçon comme Yaya. Cela fait partie de ma mission de rencontrer les joueurs qui ont envie de revenir. C’est tout cela une équipe. J’ai besoin des tôliers comme on le dit dans notre jargon. A partir du moment où le joueur est compétitif, on est tous unanimes qu’il va apporter quelque chose pour l’accomplissement de la mission ».

 

Le staff de Kamara Ibrahim

« Je ne construirai pas mon staff en fonction des couleurs de peau ou de nationalité. Je vais construire mon staff en fonction de mes besoins et de la compétence que les gens peuvent m’apporter. Quant à Kolo Touré Habib, il a toujours travaillé avec moi. C’est quelqu’un en qui j’ai confiance. Il a une grande expérience internationale en tant que joueur. Il a l’habitude d’aborder les grandes compétitions. Il sera dans mon staff. C’est quelqu’un sur qui je vais m’appuyer.

 

L’objectif de la CAN 2021

En ce qui concerne le timing et la construction de l’équipe qui doit gagner la CAN 2021, j’ai besoin de temps. Il y a déjà une base. Je vais m’appuyer sur cette base pour mener à bien cette mission. C’est difficile mais ce n’est pas impossible. Avec le temps et le programme qu’on va mettre en place, ce ne sera pas loin de nos attentes. Déjà, je vais me focaliser sur la qualification au Cameroun. Après cette étape, on fera un état pour voir si on est en avance ou si on est en retard.

Les résultats sont d’abord de se qualifier pour la CAN au Cameroun et de gagner la CAN à domicile en 2021. Je pense que ce sont ces résultats qu’on attend. Comme défis, il faut gagner les matches. Si on veut aller au Cameroun, il faut gagner les matches. Cela passe par la construction. Il faut poser des cadres, mettre des règles pour que nos jeunes joueurs qui viennent juste pour faire un match sortent de ce cliché. Cela veut dire qu’on va créer un cadre, un état d’esprit, une mentalité, une attitude, un comportement qui seront des valeurs sur lesquelles je serai ferme. La Côte d’Ivoire est une nation de football importante. Il faut qu’à un moment, nous arrivons nous-même à faire prendre conscience à nos joueurs qu’ils viennent défendre les valeurs d’un pays qui est important. On ne vient plus simplement pour joueur un match. Cela va au-delà parce que c’est plus de 25 millions d’Ivoiriens qui sont derrière et qui écoutent tous les jours les résultats. Cela dépasse notre modeste personne. A partir du moment où je vais faire comprendre à nos jeunes qu’il n’est plus question de se ramener la couverture, il faut qu’on ait un engagement, une détermination chaque fois qu’on est en sélection. Je pense que le cadre qu’on va mettre en place va permettre aux jeunes de se surpasser et de relever les grands défis. Ce n’est pas ce qu’on ne peut pas faire parce qu’il y a du talent ».

 

L’agenda de Kamara Ibrahim

« Avant le prochain match, je vais rencontrer tous les joueurs susceptibles de postuler en sélection de Côte d’Ivoire qui sont dans mes fichiers. Je vais leur expliquer exactement le projet de la mission qui est la nôtre, échanger sur les motivations et sur leurs engagements. A partir de là, je me ferai une idée du choix de mes hommes. On ne réussit pas une mission si on n’a pas de grands hommes. Vous pouvez mettre en place de grands schémas mais le choix des hommes qui l’animent est important. C’est pourquoi je parlais de cadre qu’on va définir. On mettra aussi les obligations en place. A un moment donné, le joueur arrivera à comprendre que la mission de la nation est plus importante que nos petites personnes. La vie de groupe passera avant tout. Si on réussit à trouver des hommes qui sont capables de se reconnaitre dans ce projet, de prendre des engagements, je pense que je serai un homme heureux.

 

La promotion des joueurs locaux

« J’ai déjà appelé des joueurs locaux en sélection quand j’assurai l’intérim. Cela ne me pose aucun problème. Maintenant, il ne faut pas qu’on arrive à catégoriser nos joueurs. Un binational est un Ivoirien. Un joueur local est un Ivoirien. A un moment, il faut que le critère pour venir en sélection soit un critère, non seulement de compétitivité, de performance mais aussi il faut qu’il ait un critère mental. Cela veut dire qu’il faut des gens qui ont la bonne mentalité ». 

 

Propos recueillis par

Ives TIEMELE et Armel YAPI

 

 

I.T.