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Après l’annonce de sa démission, le désormais ex-sélectionneur des Eléphants, Michel Dussuyer a fait une déclaration et répondu à quelques questions. « Je n’ai pas trouvé les clés pour remettre l’équipe sur une bonne dynamique » a regretté le technicien français qui parie sur l’avenir des Eléphants mais sans sa présence.

Son bilan

Cela fait 18 mois que je suis à la tête de l’encadrement technique des Eléphants. Quand je suis arrivé, je connaissais la difficulté de la tâche qui m’attendait. Je me suis lancé à fond dans cette mission en essayant à chaque fois d’atteindre les objectifs qui m’étaient confiés.

Parlant de ces objectifs, il y avait l’équipe nationale locale qu’il fallait qualifier pour le CHAN et amener le plus loin possible dans la compétition. Je pense que cet objectif a été atteint puisqu’au final, on termine à la 3e place. Ce qui est la meilleure performance de cette sélection. Il m’a été également demandé de qualifier l’équipe A pour la CAN 2017, ce qui a été fait. Parallèlement à cela, nous étions engagés dans les éliminatoires de la Coupe du Monde avec le tour préliminaire face au Liberia et aussi en match de poule avec les deux premières journées. A ce jour, on est en tête de cette poule même s’il faut dire qu’il reste encore du chemin à faire. Mais c’est un grand départ dans la compétition.

La CAN 2017

L’objectif était d’aller plus loin dans la compétition pour défendre notre titre. Et de ne pas passer ce premier tour, c’est une cruelle désillusion. Je suis conscient de la déception que cela a pu engendrer chez tous les Ivoiriens. Mais il faut qu’ils sachent que je suis extrêmement déçu. Quand un objectif n’est pas atteint, cela me touche et je n’aime pas décevoir. Après le match, je suis allé à la rencontre du Président pour lui faire part de mon désir de démission. Il m’a demandé quelques jours de réflexion, le temps pour lui de consulter le Comité exécutif. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup de regrets évidemment que je quitte mon poste de sélectionneur des Eléphants. Parce que j’ai été très fier d’être à la tête de cette sélection. Il y a un groupe qui est là. C’est un groupe qui a changé en deux ans avec le retrait de certains joueurs cadre. Il y a eu un gros boulot pour le renouvellement du groupe. Je pense que ce groupe a de l’avenir. Et pour être dans un environnement serein et apaisé, sans pression négative, cela passe par mon départ.

Le fiasco d’Oyem

Je pense que pour réussir dans une CAN qui est très exigeante, il faut avoir un groupe prêt mentalement à faire face à ses exigences en termes d’impact physique, d’agressivité mais aussi de volonté. Nous étions sur une très bonne dynamique après les deux matches amicaux à Abu Dhabi. Nous avons fait un bon stage ponctué de deux matches tests intéressants. J’ai ressenti une cassure quand nous sommes arrivés à Oyem. Depuis, j’essaie encore de me l’expliquer. J’ai discuté aussi avec les membres du Comité Exécutif pour trouver des réponses. J’ai alerté les joueurs à la veille du match contre le Togo. Sur ces trois matches, je n’ai pas retrouvé mon équipe et moi-même je ne suis pas parvenu à redynamiser et à donner un élan à mon équipe. Je n’ai pas trouvé les clés. Comme vous le savez, les matches se jouent à pas mal de choses et les détails font la différence. Par moment, on n’était pas suffisamment concentré sur notre sujet, à l’image des deux buts encaissés face à la RD Congo. Je pense aussi que les joueurs le ressentent comme une cruelle désillusion. Et pour beaucoup qui sont à leur première compétition de cette envergure, cela leur servira pour l’avenir.

Son coaching

J’ai mon fonctionnement et je préfère m’appuyer sur des certitudes par rapport à mon équipe. Je pense qu’à chaque fois on doit trouver des solutions par rapport aux problèmes que nous posent les adversaires. Et les solutions ne sont toujours pas dans le changement de l’organisation. Vous avez constaté contre le Maroc que le passage en 4-4-2 nous a rendus plus dangereux. J’ai dit à mes joueurs que je ne vais pas changer un système pour nous où on n’a pas de certitudes. Après, c’est une question d’animation. On peut mettre une organisation en place mais ce qui va compter, c’est l’animation. Sur le plan offensif, on n’a pas montré le visage que j’espérais. Les mauvais résultats vous donnent toujours tort. C’est le jeu…

Son avenir

Je rentre à la maison. Très honnêtement, aujourd’hui, je n’ai pas de projet. Cela fait 9 ans que j’enchaine le travail à la tête des sélections. Je vais me reposer un peu et après on verra.

FIF